La
Convention sur les zones humides
La Thaïlande inscrit quatre nouveaux sites Ramsar côtiers
Le
gouvernement de la Thaïlande, qui a rejoint la Convention sur
les zones humides il y a tout juste quatre ans, vient d'augmenter son patrimoine
de zones humides d'importance internationale en inscrivant quatre sites Ramsar
côtiers très intéressants, tous compris, au moins partiellement,
dans des parcs marins nationaux. L'un d'entre eux est aussi une réserve
de biosphère de l'UNESCO. Tous comprennent des forêts de mangroves,
des récifs coralliens et des prairies sous-marines et beaucoup sont des
destinations écotouristiques actives. Tous entretiennent des espèces
de la flore et/ou de la faune menacées ou en danger. La Thaïlande
a désormais 10 sites Ramsar qui couvrent une superficie totale de 370
600 hectares et les 133 Parties contractantes à la Convention ont inscrit
1184 sites en tout, couvrant au total 103 330 803 hectares.
Voici une brève description des quatre nouveaux sites thaïlandais, rédigée d'après l'information contenue dans les "Fiches descriptives Ramsar" jointes aux documents d'inscription.
Le "Parc national marin Had Chao Mai - zone interdite à la chasse de l'île Ta Libong - estuaire du fleuve Trang" dans la province de Trang (66 313 hectares, 07°22'N-99°24'E) comprend trois écosystèmes de zones humides reliés à des zones riveraines, estuariennes et côtières, avec des mangroves et des palmiers Nypa, des plages de sable et des plages marines rocheuses, des vasières, des récifs coralliens et des prairies sous-marines. Le site abrite au moins 212 espèces d'oiseaux dont certaines sont vulnérables ou en danger ainsi que 75 espèces de poissons, la plupart d'importance économique, et des dugongs. Le parc marin qui est l'écosystème de prairies sous-marines le plus divers et le plus intact de Thaïlande comprend huit espèces d'herbes marines. Les pêcheries côtières et au large sont localement importantes et le tourisme, à grande et à petite échelle, est attiré par les plages de sable blanc, les récifs coralliens et d'autres caractéristiques. Les menaces potentielles viennent de l'empiétement de l'agriculture, de l'exploitation illicite du bois, de pratiques de pêche destructrices et du déversement d'eaux usées en amont du fleuve Trang. Site Ramsar No 1182.
Le "Parc national marin de l'estuaire Kaper - Laemson - estuaire Kraburi", dans la province de Ranong (122 046 ha, 09°36'N-98°39'E), est aussi une réserve de biosphère de l'UNESCO qui porte le nom de Ranong. Il s'agit de la plus grande concentration de forêts de mangroves du pays qui serait aussi l'une des plus vastes de la région de l'indo-Pacifique. Le site comprend aussi des forêts de Nypa, des vasières, des plages de sable, des récifs coralliens et des prairies sous-marines. La communauté ichtyologique des mangroves de Ranong, malgré de fortes pressions de la pêche, est abondante et diverse avec plus de 82 espèces décrites. Des cultures locales diverses coexistent dans le site, notamment des bouddhistes, des musulmans et des communautés animistes de Chao Lae ("gitans de la mer"). Le site lui-même est essentiellement utilisé pour la recherche et la formation en matière d'environnement tandis que l'on trouve de l'agriculture et des élevages de crevettes dans le voisinage; la surexploitation des produits naturels des forêts et l'expansion des bassins de crevettes et de l'aquaculture en général sont perçues comme des menaces potentielles tandis que l'écotourisme assure de nombreux emplois aux communautés locales. Site Ramsar No 1183.
"Parc
national
marin
Mu Koh Ang Thong" dans la province de Surathani (10 200 ha, 09°37'N-99°41'E).
Il s'agit d'un complexe de 42 petites îles dans le golfe de Thaïlande
avec des plages de sable, des falaises rocheuses, des récifs coralliens
et de jeunes forêts de mangroves. L'orchidée Ang Thong (Paphiopedilum
niveum) [à droite] serait endémique
d'une montagne calcaire de l'île d'Ang Thong. Le lit marin peu profond,
les sédiments charriés par le fleuve Tapi et les forts courants
que l'on trouve entre les îles contribuent à la turbidité
de l'eau qui empêche, dans une certaine mesure, la croissance des coraux
et limite le tourisme de plongée. Cependant, avec ses autres atouts,
la région attire plus de 50 000 Thaïlandais et visiteurs internationaux
chaque année pour des activités récréatives et d'écotourisme.
Un plan de gestion est en vigueur. Site Ramsar No 1184.
"Parc
national marin de la baie de Pang Nga" dans la province Pang Nga (40
000 ha, 08°17'N-98°36'E). Il s'agit d'une baie peu profonde avec 42
îles qui comprend des eaux marines peu profondes et des zones humides
intertidales boisées avec au moins 28 espèces de mangroves; il
y a aussi des prairies sous-marines et des récifs coralliens. On trouve
dans le site au moins 88 espèces d'oiseaux, y compris le pluvier de Péron
(Charadrius peronii) menacé au plan mondial et le bécassin
d'Asie (Limnodromus semipalmatus) ainsi que 82 espèces de poissons,
18 reptiles, 3 amphibiens et 17 espèces de mammifères, y compris
plusieurs espèces en danger telles que le dugong, le gibbon à
mains blanches (Hylobates lar) [à gauche],
le serow (Capricornis sumatraensis) et le marsouin noir (Neophocaena
phocaenoides). Diverses cultures coexistent en communautés locales
pratiquant la pêche, récoltant les frondes de palmiers Nypa pour
les toitures et accueillant de nombreux touristes internationaux attirés
par la beauté naturelle et par les sites archéologiques, notamment
des peintures vieilles de 1000 ans. Site Ramsar No 1185.
Vous pouvez consulter la liste complète de zones humides qui sont à la fois des sites Ramsar et des réserves de biosphère de l'UNESCO à l'adresse http://www.unesco.org/mab/ramsarmab.htm.
Pour
tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar,
Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999
0169, e-mail ramsar@ramsar.org
). Publié le 13 septembre 2002, Dwight Peck, Ramsar.