Déclaration de Martha Rojas Urrego, Secrétaire générale de la Convention sur les zones humides à l’occasion de la Journée internationale de la diversité biologique

Déclaration de Martha Rojas Urrego, Secrétaire générale de la Convention sur les zones humides à l’occasion de la Journée internationale de la diversité biologique

20 mai 2020


À la lumière de la pandémie actuelle et de ses enjeux pour nous tous, nous partageons la même conviction : il est temps de resserrer encore nos liens de collaboration et de mieux harmoniser nos efforts de construction d’un avenir durable. Certes, notre première priorité doit être d’alléger les souffrances humaines mais nous devons aussi faire en sorte que les efforts de rétablissement soient durables et tiennent compte des risques futurs en apportant une réponse environnementale avisée.

Le taux d’extinction des espèces s’accélère et déjà, un million d’espèces pourraient totalement disparaître en quelques décennies. Cette érosion de la biodiversité traduit la disparition sans précédent, la dégradation et l’utilisation non durable des écosystèmes dont nous dépendons – tout comme d’autres êtres vivants – pour notre survie et notre prospérité. Désormais, sauvegarder la biodiversité sous toutes ses formes est aussi urgent qu’atténuer les changements climatiques. Sans la biodiversité, nous pouvons faire le deuil de notre ambition de réaliser un monde prospère et sain.

À cet égard, la biodiversité des zones humides est vitale. Les écosystèmes divers et en bonne santé, en particulier les zones humides, soutiennent notre existence. Quarante pour cent des espèces vivent ou se reproduisent dans les zones humides et celles-ci sont pour nous sources d’eau et d’aliments et sous‑tendent l’économie. Les tourbières et les mangroves sont les puits de carbone les plus efficaces et sont donc un pivot de l’atténuation des changements climatiques. Les zones humides offrent des solutions puissantes en faveur de la santé, contre la pauvreté et pour le développement durable dans son ensemble.

Or, n’est-il pas étonnant de constater que les zones humides disparaissent aujourd’hui plus vite que n’importe quel autre écosystème ? Plus de 35 % ont disparu en moins de 50 ans. Vingt‑cinq pour cent des espèces tributaires des zones humides intérieures et 23 % des espèces des zones côtières et marines sont menacées à l’échelon mondial.

Il est temps de reconnaître le rôle vital que jouent les zones humides pour la biodiversité – ainsi que les solutions qu’elles apportent aux changements climatiques et au développement durable.

L’année 2020 est un tournant dans l’action relative à la biodiversité. Les efforts déployés jusqu’ici n’ont pas suffi. La feuille de route mondiale pour la biodiversité, pour l’après‑2020, actuellement en négociation, doit impulser une nouvelle réflexion et une action sans précédent.

Les zones humides doivent être au cœur des débats, des décisions et des actions d’envergure nationale et mondiale, relatifs à la biodiversité, en 2020 – et au‑delà.

Le cadre pour l’après‑2020 est une occasion unique d’approcher la biodiversité sous l’angle de la coopération et de mobiliser les mesures nécessaires, à l’échelle de tous les secteurs, pour élever notre ambition et inverser la perte, sans précédent, de la nature. Les conventions relatives à la biodiversité, en contribuant à la réalisation de buts et d’objectifs spécifiques au sein de leurs mandats respectifs, ont un rôle d’importance critique à jouer.

La Convention de Ramsar sur les zones humides participe activement à l’élaboration de cette feuille de route ; le Plan stratégique de la Convention est totalement harmonisé avec les objectifs actuels pour la biodiversité et avec les Objectifs de développement durable. Les Parties à la Convention œuvrent actuellement à l’harmonisation avec le nouveau cadre pour l’après‑2020.

Et c’est ensemble que nous ferons les meilleurs choix, prendrons les directions politiques justes et appliquerons des solutions à une échelle proportionnée aux défis qui nous attendent. Nous pouvons définir un avenir positif pour la vie sur Terre. Et une seule voie s’ouvre à nous – travailler dans l’unité et ne pas perdre de vue que l’homme et la nature sont intimement liés et que notre bien‑être et notre prospérité dépendent de cette relation harmonieuse.