Message de Martha Rojas Urrego Secrétaire générale de la Convention sur les zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs

Message de Martha Rojas Urrego Secrétaire générale de la Convention sur les zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs

5 octobre 2020

Cinquante milliards d’oiseaux migrateurs parcourent chaque année des milliers de kilomètres, s’arrêtant en route aux « stations-services » que sont les zones humides ; ils y trouvent des aliments, de l’eau et des lieux de repos.

Les zones humides en bonne santé qui forment un réseau à travers le monde sont vitales pour les déplacements naturels des espèces migratrices et en particulier, des oiseaux migrateurs.

Les oiseaux migrateurs transcendent les frontières nationales et tissent des liens à travers le monde, nous rappelant nos propres liens avec la planète, le milieu naturel et nos congénères.  Une des leçons de la récente pandémie est que la santé de l’humanité est intimement liée et interdépendante de celle des animaux et des plantes.

Un million d’espèces sont confrontées au risque d’extinction : la connectivité des habitats est donc devenue un thème central pour la biodiversité. Les dernières Perspectives mondiales de la diversité biologique confirment que les pressions exercées par l’homme sur les zones humides augmentent, partout dans le monde. Aujourd’hui, les zones humides disparaissent plus vite que n’importe quel autre écosystème et à mesure qu’elles reculent, la connectivité écologique est détruite et des populations entières d’oiseaux et d’autres espèces migratrices sont menacées.

Malgré ces tendances négatives, nous pouvons encore conserver et restaurer la nature.

Il faut pour cela que la superficie terrestre et maritime protégée augmente rapidement. Les spécialistes disent que le tiers de nos terres doit être conservé. Il faut aussi que les réseaux de zones humides soient mieux conservés, restaurés et gérés. 

La Convention sur les zones humides apporte une contribution essentielle à la protection et à la restauration des zones humides. Près de la moitié des 2400 zones humides d’importance internationales sont spécifiquement inscrites comme des sites vitaux pour les oiseaux migrateurs. Récemment, la Chine a justement inscrit Tianjin Beidagang Wetlands et les zones humides d’Henan Minquan Yellow River Gudao parce qu’elles occupent un emplacement d’importance critique sur la voie de migration Asie de l’Est-Australasie ; ces zones humides accueillent 460 000 oiseaux migrateurs.

Nous devons conjuguer nos efforts pour remédier à la disparition des zones humides et concevoir un cadre mondial ambitieux de la biodiversité pour l’après-2020. C’est ensemble que nous exprimerons le mieux notre force et il est donc vital de renforcer nos liens de coopération et nos activités, du niveau local au niveau mondial, à travers les traités multilatéraux sur l’environnement.

La Convention sur les zones humides se réjouit de collaborer avec ses partenaires pour élaborer et mettre en œuvre des pratiques efficaces de gouvernance et de gestion, garantes de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides pour assurer la survie des oiseaux migrateurs et de toutes les espèces de la planète.